Mettre le cinéma au service de la mémoire et de la culture, tel semble être le crédo de l’association Ciné Plus de Timzrit. Timzrit, capitale du arch Nath Immel, perchée au dessus de la vallée de la Soummam et faisant face au massif de l’Akfadou. (...)
C’est un village aujourd’hui isolé, blessé, meurtri et oublié de tous. Pourtant El Qalaa Nath Abbes est, sans conteste, l’un des plus beaux sites de Kabylie. L’un des plus vastes aussi, avec ses nombreux quartiers qui sont autant de villages. Il est l’un des plus élevés aussi avec ses 1100 mètres d’altitude.
C’est assurément une grande découverte archéologique que celle qui vient d’être effectuée dans un petit village, dans le massif montagneux d’Adekar, à l’ouest de Bgayeth. Il s’agit d’une grande stèle funéraire de type libyco-romane de 2 M 30 de longueur et d’un mètre de largeur pour une épaisseur de 25 centimètres.
Au moment de mon arrivée sur la place du village, quelques vieux se chauffent tranquillement les os en dévisageant cet inconnu qui vient s’arrêter. Pour une fois ce ne sera pas un client à la recherche d’huile d’olive, de sel ou de poudre de poivron, les trois produits de terroir pour lesquels, en général, on se donne la peine d’arriver jusqu’ici.
Ce n’est jamais facile de se rendre à Velaguel. Nous sommes le lundi 28 janvier 2008 et j’ai eu toutes les peines du monde à y arriver par cette longue route de montagnes où le givre, en couches successives, n’arrête pas de se déposer depuis des jours.
Peu de monde dans les rues malgré l’heure assez avancée de la journée. Ombre fantomatique, une vieille femme en tenue traditionnelle apparaît à l’angle d’une rue avant de s’évanouir. Un vieillard pousse un âne famélique chargé de jerricans d’eau. Un adolescent en partance pour l’école à l’oreille vissé à son portable.
Village d’Imahfoudhen, chez les Ath Aïdhel. Un matin de janvier 2008.
Des nappes de brouillard s’étirent paresseusement dans la vallée d’Assif N’Boussellam, enveloppent comme un burnous les crêtes rocheuses et les villages engourdis par le froid avant de se dissoudre dans l’atmosphère. L’air est chargé d’humidité et la végétation ruisselle.



