L’échec des négociations ou le dialogue social qu’engage l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), en sa qualité de partenaire social, avec les responsables d’entités publiques, autour des revendications d’ordre socioprofessionnelles des travailleurs semble bel et bien consommé, à Tizi Ouzou notamment.
Une wilaya où les structures syndicales locales n’arrivent plus à «négocier et à arracher» le minimum d’une plate-forme de revendication des travailleurs. En témoigne les nombreux conflits et bras de fer engagés depuis quelques temps avec les gestionnaires d’entreprises, Electro Industrie ex-Enel de Fréha, Cotitex Draâ Ben Khedda, Laiterie Draâ Ben Khedda, filiale de l’ex-Onalait, l’entreprise communale des Ouadhias spécialisée dans la fabrication d’agglomérés divers, l’Edimco de Tizi Ouzou et Naftal d’Oued Aïssi. Des conflits, au cours desquels les responsables syndicaux ont, pour exprimer leur colère devant «la sourde oreille» des responsables de ces entreprises, eu recours à des actions extrêmes, les grèves de la faim. Des actions que les syndicalistes considèrent comme ultime recours pour se faire entendre.
En effet, après la grève de la faim des syndicalistes du complexe Electro Industries, ex-Enel de Freha, à l’est du chef-lieu de la wilaya, et celle, récemment, de ceux des membres du conseil syndical du District Com Naftal de Tizi Ouzou, c’est au tour des membres de la section syndicale UGTA de l’Edimco de Tizi Ouzou de recourir à ce genre d’action de protestation. Ces derniers au nombre de deux, le secrétaire général de ladite section syndicale et le chargé de l’organique, «suspendus arbitrairement depuis le 1er mars 2007 en violation flagrante des lois de la République et de la législation du travail», annoncent dans une déclaration rendue publique, leur «entame d’une grève de la faim illimitée à compter d’aujourd’hui samedi au niveau du siège de la SGP / RC à El Achour (Alger)». Une action initiée, lit-on à travers la déclaration, pour «dénoncer le comportement inhumain du P-DG de l’entreprise Edimco de Tizi Ouzou à notre égard». Le remis en cause (le P-DG, Ndlr), poursuivent-ils, s’érige en maître absolu en ne tenant compte ni des interpellations du wali, du P/APW, de l’Union locale et de l’Union de wilaya UGTA, ni même des instructions de l’inspection du travail qui l’a débouté. «Malgré l’intervention de la centrale syndicale UGTA auprès de ses supérieurs qui a abouti au règlement définitif de ce conflit, et ce, en présence dudit P-DG, celui-ci campe sur ses décisions initiales, défiant tous les textes fondamentaux qui régissent les relations du travail», ajoute encore le document. Priver du gagne pain et de manière arbitraire deux travailleurs investis de leurs nobles tâches, relève d’un comportement associé à une criminalité que la morale réprouve, poursuivent encore les rédacteurs du document rappelant que le mouvement de grève de la faim ne sera suspendu qu’avec la satisfaction de leurs revendications légitimes, soit leur réintégration et le paiement de leurs salaires avec l’effet rétroactif. Au niveau du district Com Naftal de Oued Aissi, ce sont six membres du Conseil syndical qui ont recouru à la grève de la faim la semaine dernière, considérant que c’et l’ultime action pour la satisfaction de la plate forme de revendication des travailleurs d’ordre socioprofessionnelles. Une action à travers laquelle, est-il écrit dans une déclaration rendue publique, ils comptaient attirer l’attention de leurs responsables hiérarchiques. Les grévistes de la faim revendiquent, l’assainissement de leurs problèmes socioprofessionnels, la revalorisation des salaires des travailleurs du district par rapport aux autres entreprises du secteur des hydrocarbures, la revue et le suivi des carrières des travailleurs. D’autres points sont inscrits dans leur plate forme de revendication dont la reconnaissance pleine et entière de l’exercice des libertés syndicales, ainsi que la consultation du partenaire social dans toutes les décisions qui engagent la vie du district. Les membres du conseil syndical suspendront leur mouvement, au 3e jour, soit après qu’un protocole d’accord eut été signé, entre le directeur de Naftal District COM de Tizi Ouzou et les travailleurs affiliés à l’UGTA, avec l’arbitrage des représentants locaux et nationaux du syndicat. Les deux paries en conflit se sont convenues d’un accord consistant en la prise en charge dans l’immédiat une partie des préoccupations des grévistes. Les autres revendications, étant de portée nationale, celles-ci, seront discutées la semaine prochaine. Au complexe Electro Industries, ex Enel de Fréha, se sont huit syndicalistes qui ont observé, au mois de mai dernier une grève de la faim suite «au licenciement d’un chef de service pour cumul d’absences». Une action entreprise pour «exiger la réintégration du cadre licencié de manière abusive», le «droit de l’exercice syndical» et, «la reconnaissance du statut de partenaire social au syndicat». Les grévistes se feront entendre, au huitième jour après qu’un accord eut été conclu entre le partenaire social (l’UGTA) et l’employeur. Un accord incluant la réintégration du cadre licencié et à travers lequel l’employeur a affiché «sa disponibilité pour un dialogue autour des revendications socioprofessionnelles des travailleurs.
Rabah Mokhtari



